08.09.2008
L'Institution Education Nationale.
Avant de continuer, j'ai besoin de faire le point sur ma vision de l'école traditionnelle. Ayant préparé pendant un trimestre le concours de professeurs des écoles, fréquentant le milieu scolaire pour mes enfants depuis environ 7 ans, et ayant travaillé en collaboration avec certains de par mon métier, j'ai une vision assez large de cette grande maison.
Je suis fondamentalement contre le système qui tend à annihiler complètement l'individu dans sa singularité. je suis également contre l'esprit de compétition qui est autant lié à notre culture, qu'au système de notation.
Je pense que l'école a été un moyen essentiel d'accès à la lecture, écriture, culture dans un autre siècle, qu'elle était nécessaire, mais à mes yeux, il y a actuellement d'autre moyens, et cela peut se faire de maintes et maintes façons. Je ne suis pas d'accord avec l'école publique unique, qui tend à éteindre la créativité et l'individualité. J'aimerai que différents choix soient possibles, de pédagogies, de lieux, de temps, sans que cela ne soit perçu comme de la marginalisation.
Ce que je souhaite exprimer également, c'est que dans cette grande maison, malgré tout, exercent des personnes extraordinaires, qui respectent l'enfant, qui sont essentielles dans le chemin de certains. Je les en remercie, Clara en a croisé, et cela a été capital. Mais le travail qu'ils ont fait à servi à restaurer la catastrophe infligée par une de leur collègue (qui pensait bien-sûr que la catastophe venait de nous, les parents).
Pour tout cela, j'ai choisi d'instruire mes enfants en famille, en gardant un lien avec les autres enfants, avec d'autres adultes, en leur laissant le choix, qu'ils décident de rester à la maison, ou de retourner à l'école.
Quand je dis que mes enfants sont heureux d'arrêter l'école, souvent les adultes me répondent : " ah ben ça, s'ils ont le choix, c'est sûr qu'ils vont arrêter".... Cette phrase m'interpelle. En effet, est-il normal que l'enfant ait envie d'arrêter l'école, qu'il ne s'y sente donc pas bien, et est-il normal que l'adulte qui répond ceci, en sachant donc que l'école ne convient pas à l'enfant, pense qu'il soit normal de les obliger à y aller quand même? Qu'il y a une fatalité au mal-être de certains enfants scolarisés (une majorité?)? Bien sur, notre société n'est pas pensée pour qu'on puisse s'occuper de nos enfants à plein temps, mais au delà des contingences matérielles, il me semble qu'il y a des contradictions dans tout cela. Dans une société ou l'on sait maintenant que l'enfant est une personne, qu'il est capable de choisir, de savoir qui il est et ce dont il a besoin, qu'il a une soif éperdue d'apprentissage, qu'il ait un qi de 150 ou de 90, POURQUOI ne se fait-on pas davantage confiance? Ne lui fait-on pas davantage confiance? N'ouvre t'on pas (facilement) d'autres systèmes, d'autres pédagogies?
11:24 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Peut-être parce-que des individus qui pensent par eux-même sont plus difficiles à contrôler?
Ecrit par : stellina | 08.09.2008
Il y a une chose dont je me suis rendu compte il y a quelque temps. L'école, nous dit-on, a été créée par Jules Ferry à a fin du 19° siècle. Elle a été rendue obligatoire en 1905. En réfléchissant un peu au contexte politico-économique, 1905, c'est une époque de crise européenne, c'est la fin de la vague de prospérité dûe à l'industrialisation, et qui a généré autant de chômage. Envoyer les enfants à l'école, c'était ne plus leur permettre de travailler, donc faire baisser les taux de chômage. C'était aussi enlever aux parents une part de leur influence sur leurs enfants. C'était, enfin, porter tout le monde sur le même rang d'un savoir minimum, mais aussi d'un savoir uniforme. L'école d'aujourd'hui est héritière de cette main-mise de l'Etat sur la nourriture terrestre, intellectuelle et divine qui est prodiguée à chaque individu vivant sur son sol... pas étonnant qu'on ait autant de problèmes sociétaux à l'heure actuelle.
Ecrit par : Lex | 08.09.2008
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