01.01.2009
Une fin, une faim, un début, rassasiée?
Et bien voilà, on change de date, pour un an, c'est le neuf qui remplace le huit....
Du neuf? Pas de vieux? ben moi, la vieille...enfin, je ne me sens pas comme ça, même si les minutes coulent, inexorablement, je ne me sens pas vieillir, juste grandir.
Vive en yourte, au milieu des éléments, favorise cette sensation d'évolution, de révolution, et non de décrepitude....
J'ai souffert en cette fin d'année, le froid, la neige, alors qu'on était pas tout à fait prêts... Heureusement des lieux nous accueillant, au chaud, chaleur du feu, chaleur humaine....J'ai dû me remettre en question, repenser ma décision, était-elle la bonne, la plus appropriée, la plus judicieuse? Et bien, oui, définitivement oui, malgré les intempéries... j'ai vécu cette période comme une aventure, une confrontation aux éléments, certes, mais également à moi même, à qui je suis intrinsèquement, à mon fonctionnement familial....Trouver le yin ( ça c'était déjà fait), mais surtout le yang qui est en moi, cette force plus masculine qui est en chacun de nous, mais comment l'apprivoiser, comment trouver l'équilibre, trouver mes propres limites, les limites de mon esprit, de mon corps, de mon âme.....
Durant cette période, j'ai pu éprouver la solidarité, l'entraide, l'amitié de mon entourage, proche, comme plus éloigné...Et cela aussi m'a fait grandir, me fait me sentir plus forte. Et plus fragile. Encore une question de limites et d'équilibre.
Accepter ma fragilité, ne pas toujours être que forte, invincible, et bien pour cela, les éléments sont très forts eux......
Et les enfants ?
Comment leur faire vivre cette période sans que cela ne soit une souffrance, mais bien une aventure? Une source d'expériences irremplaçables. Faire tout pour qu'ils ne souffrent pas, eux, du froid, qu'ils ne risquent rien au milieu de cette neige, savoir quand partir, quand quitter les lieux parce que cela serait devenu trop lourd....Sentir tout cela, cet équilibre encore....Anticiper, penser au maximum, agir, allumer, raviver, ramasser, mettre au sec, avoir assez d'essence, d'eau, de nourriture, tout ce que l'on a oublié, qui semble si facile, un interrupteur, une place de parking, un robinet......Comment faire que ce soit une prise de conscience et non une contrainte insurmontable.
Nous avons fait un bilan hier soir, de ce début de vie en yourte, sans école.....Et sans masquer leurs difficultés, le bilan reste positif à leurs yeux. Les points négatifs ne sont pas si différents de ceux vécus dans un déménagement plus traditionnel (le fait de moins voir les copains surtout), mais il reste les points positifs de cette vie dans la nature. Le manque d'argent reste présent pour eux, mais ça, que l'on vive en yourte ou ailleurs ne change rien, voire même fait que l'on arrive quand même à s'en sortit cahin caha, mais s'en sortitr quand même dignement.
Le fait d'avoir arrêté l'école reste, à leur yeux une décision qui leur correspond.
Alors, qu'ont ils appris, que continuent-ils d'apprendre? Certainement pas à entrer en rang dans la classe, mais sans lever le doigt, à respecter la parole de l'autre, oui, à compter sans en avoir conscience, oui, à anticiper les dangers, oui, la solidarité oui, la compétition, non.....Et la joie, la joie, les rires, les pleurs entendus, les rêves impossibles, les rêves réalisés, et comme pour moi, leur propres limites, leur yin, leur yang ...heu...la vie quoi!!!!
Alors, rassasiés?


